Quand j’ai rencontré le Mali qui vit en moi.

Keke in lagos, Joe penney

« Connais-toi toi-même… » disait Socrate. Mais pour cela encore faudrait-il d’abord se rencontrer sois même. Sur ces lignes qui suivent je vous parlerais de ma première rencontre avec le « moi » que je suis. Qui est différent de ce qu’on dit de moi. Je vous rassure, je suis seul dans ma tête et je me suis déjà regardé dans la glace. J’ai toujours les mêmes yeux un peu gonflés par des soirées de noctambules autour du thé.

Je m’appelle Coulibaly. Chez moi au Mali, le nom (de famille) seul suffit pour connaitre l’ethnie et la communauté d’une personne. D’où cet adage « dis-moi ton nom de famille, je te dirais qui tu es ». Certains iront jusqu’à détailler des traits de caractères, des défauts, des préférences alimentaires en fonction d’une ethnie… Sous d’autres cieux la question: « quel est ton nom? » peut sembler très banale. Chez moi, souvent c’est le début de l’élaboration d’un portrait-robot voire d’un profil.

Les premières lignes de ce soit disant « bio » prédéfinis, disent que je suis bambara. De ce fait je n’aime certainement pas les nordistes. Je trouverais qu’ils n’aiment pas travailler. Ce qui voudrait dire que je déteste aussi ma maman vue qu’elle est songhoy née et grandi à Gao. Et oui, c’est bizarre non?

Quant à l’autre moitié de mon « identité » les songhoy, ceux-ci aussi n’aimeraient que les siens. Ils détestent parler d’autres langues que le koyraboro senni (la langue songhoy). Ils passent leurs journées à boire du thé et à manger de la viande entrain de papoter sur les autres… En tant que fruit de cette union qui suis-je alors? Peut-être comme le yin et le yang. Un peu fashion non?

Dans nos discours habituels il y’a autant de propos, de pensées, de clichés toutes faites qui rendent difficile la vie en communauté, la cohésion sociale. Comment vivre ensemble sans apprendre à bien nous connaitre les uns et les autres? Nous avons certainement des différences. Ces différences sont plutôt des atouts et non des défauts. Amadou Hampaté Ba disait « la beauté d’un tapis tient à la variété de ses couleurs. La diversité des hommes, des cultures et des civilisations fait la beauté et la richesse du monde.

« Ma première rencontre avec le malien que je suis c’est passé à l’étranger. Pour la première fois j’étais malien. Juste malien, ni bambara, ni songhoy ou quoique ce soit. Aucune référence à une quelconque appartenance ethnique. On m’acceptait juste pour qui je suis sans préjugé.

Rencontre-toi toi-même, c’est le début des rencontres. Ainsi tu pourras rencontrer les autres et les aimer.

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