Mali : défaire les préjugés pour mieux combattre l’épilepsie

épilepsie

Le 9 février est la journée internationale de l’épilepsie. Il est vrai que ce n’est ni la maladie ni la journée internationale la plus connue. Qu’à cela ne tienne, elle reste pourtant l’une des affections neurologiques les plus fréquentes. Selon l’Organisation mondiale de la santé, l’épilepsie touche environ 50 millions de personnes dans le monde dont 80% vivent dans les pays en voie de développement. Au Mali, cette maladie est très peu connue. Ce manque d’information nourrit toutes sortes de stigmatisations et de discriminations envers les personnes atteintes d’épilepsie.

L’épilepsie, une maladie mystique ?

L’épilepsie se manifeste par des tremblements involontaires d’une partie ou de l’ensemble du corps. Ces crises sont le résultat de décharges électriques excessives. Les tremblements peuvent être suivis d’une perte de conscience et d’une évacuation intestinale. Au Mali, pour beaucoup de personnes, ces manifestations sont dûes au diable ou à un esprit maléfique. D’ailleurs, il suffit juste de voir le nom donné à la maladie pour s’en rendre compte. En mandenkan (bambara), l’épilepsie est appelée « kirikirimasiyèn » (qui convulse) ou « jinè bana » qui signifie la maladie du diable. Ces noms confèrent à la maladie un caractère mystique. Des croyances qui rendent bien difficile le traitement des patients.

En tournant le bouton de son poste de radio il n’est pas rare de tomber sur des guérisseurs, « charlatans » se ventant le mérite de guérir des maladies comme l’épilepsie. Bon nombre de personnes atteintes sont amenées chez ces spécialistes autoproclamés alors que ce ne sont pas les médecins et les centres de soins qui manquent en la matière. Au Mali l’épilepsie peut être suivie et soignée dans les hôpitaux.

La dure vie des épileptiques :

Les préjugés et les idées toutes faites empêchent beaucoup de patients de se rendre dans les centre spécialisés, conduisant à faire des épileptiques, des exclus d’une vie sociable. A Kati, à une quinzaine de kilomètres de Bamako, se trouve le centre de réhabilitation psychomotrice Jigiyaso. Pour sortir les malades de leur isolement, le centre crée des liens entre les épileptiques et les personnes guéries.

L’épilepsie en milieu scolaire :

Les préjugés liés à la maladie peuvent avoir des conséquences néfastes sur la scolarité de certains enfants souffrant d’épilepsie. Martin Diarra est médecin au centre Jigiyaso de Kati, il est aussi auteur du livre : « Épilepsie à l’école au Mali, comment sortir de l’obscurité » (éditions universitaires européennes 2016 ). Selon le Docteur Diarra, « un enfant épileptique peut suivre des cours de façon normale en dehors des phases de crises ». Cependant, la réussite de sa scolarité dépend aussi de la connaissance de son instituteur sur la maladie d’où la nécessité de sensibiliser les enseignants, afin de mettre un frein aux discriminations subies par ces élèves épileptiques en milieu scolaire.

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Georges Attino

Georges Attino

Un jour je me suis mis à bloguer par nostalgie. Depuis tout est devenu sujet à bloguer. Sinon je suis Journaliste... passionné de culture, de musique et aussi de langues africaines.

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