Mali: la démocratie, une quette perpétuelle.

Mars 1991, un vent de révolte attisait les braises d’une démocratie naissante au Mali. La population manifestait régulièrement dans les rues demandant la démission du président Moussa TRAORÉ. Le régime en place dépassé par les événements réprime à sang les manifestations. 22 Mars, encore appelé « le vendredi noir », des centaines de manifestants sont tués. Quatre jours après ces événements dramatiques, Amadou Toumani Touré, lieutenant capitaine à l’époque renverse le régime autoritaire de Moussa Traoré, un an plus tard, Avril 1992 le Mali connu sa première élection libre. 26 après que reste t-il des événements de Mars 1991 qui ont contribué à l’avènement de la démocratie au Mali?

On est dimanche 26 Mars 2017. J’étais assis au grin entrain de causer avec des amis quand j’ai reçu un appel de la part d’un ami me disant qu’il suit attentivement le journal de 20h sur la chaîne nationale pour savoir si le lundi 27 Mars serait déclaré chômé et payé sur toute l’étendue du Mali. Quelques minutes plus tard, déçu il il m’envoya un message me disant que le lundi n’était pas chômé. Il n’était pas le seul dans ce cas. Parce que paraît il que si une journée fériée tombe sur un dimanche le lundi qui suit est férié. En tout cas cela n’a pas été le cas cette fois ci. Mais cet intérêt autour de cette date m’a fait réfléchir. J’ai l’impression que du 26 Mars il ne reste que l’engouement de passer une journée fériée de plus à la maison. Et pour les autorités de déposer un germe de fleur au monument des martyrs. Les leaders politiques ne considèrent pas plus ces événements. La preuve le pouvoir actuel a invité l’ancien dictateur Moussa Traoré à l’investiture de l’actuel président Ibrahim Boubacar Keïta.
Le malien d’aujourd’hui veut et ne pense qu’à se reposer pendant cette journée oubliant que 26 ans plutôt à la même période d’autres maliens se sont sacrifiés pour que ceux d’aujourd’hui puisse bénéficier des fruits de cette lutte. Le 22 Mars 1991 une manifestation demandant la démission du président Moussa TRAORÉ a été durement réprimé. Ce jour là, des centaines de personnes ont été tués. Sur le mur de la pyramide du souvenir quelques noms de martyrs résiste au temps. La plupart des noms, prénoms, ages sont à peine lisible. Certains sont bien écrit mais comporte sûrement des erreurs comme celui de Amadou, difficile de lire son nom de famille. Il est âgé de 58 ans avec comme profession élève. Un élève âgé de 58 ans?


À part ce cas, il est très intéressant de s’intéresser aux différents corps de métier des martyrs des événements de Mars 1991. Ils étaient vigile, commerçant, chauffeur, élève, étudiant, couturier, bijoutier, cheminot, ouvrier et prisonnier. J’ai été étonné de voir des prisonniers parmi les martyrs. Ils n’étaient pas des sur homme. Mais ils avaient quelque chose de plus que nous maliens d’aujourd’hui: cette capacité à s’indigner. Ils ont décidé de sortir de ce silence coupable d’être acteur et non observateur de leur destinée.

Au Mali, l’enfer c’est les autres. Les autres sont coupables de tous les problèmes que nous avons. C’est ainsi que nous pensons. Peut être qu’en 1991 ils pensaient aussi la même chose. Peut être qu’ils se disaient aussi que c’est l’autre, c’est à dire le régime de Moussa Traoré qui était la source de tous les problèmes de l’époque. Mais la différence entre le 26 Mars 1991 et le 26 Mars 2017 c’est qu’en 1991 ils se sont aussi dit si l’autre est la cause du problème, eux peuvent en être la solution.

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