Boukary Konaté i ni ce, i ni baara!

Boukary konaté avec une vieille femme qui file du coton artisanalementBoukary konaté avec une vieille femme qui file du coton artisanalement

Boukary, j’aurais voulu te rencontrer autour d’un verre de thé. Pour autant même sans t’avoir vu je te connaissais. J’avais entendu parler de l’homme qui parcourait les villages à vélo et à moto. Tu voulais réveiller ces villages, les révéler à tous pour préserver le patrimoine culturel du Mali. Ce réveil passait par la valorisation des langues nationales. On avait parlé d’un projet de journal écrit en bambara (mandingue). On avait prévu de se voir pour en parler en profondeur. Comme tu l’avais dit « tout ce qui est debout se couchera un jour » et ton jour est malheureusement arrivé.

Tu mérites le « Janjo » l’hymne aux guerriers !

Boukary tu faisais partie des doyens du blogging au Mali. T’es le précurseur du blogging en bambara. Fasokan (« la langue de la patrie », en bambara) était même ton surnom sur les réseaux sociaux.  Quand le village se réveillera tu ne seras plus là. Ton parcours est semblable à ton nom de famille: Konaté (konatɛ) « kona tɛ » qui veut dire « qui n’est pas stérile » tu n’as pas été stérile Boukary. Tu as enfanté en moi cet amour du partage, de la culture des langues nationales.

Tu mérites le « janjo ». C’est la chanson la plus populaire de la culture mandingue. Cette culture que tu défendais tant. « Janjo » c’est l’hymne des guerriers, dédié à ceux qui se sont fait remarquer par des actions nobles. Ce chant c’est la victoire sur l’ennemi. Ton ennemi c’était l’oubli, l’oubli dans lequel les traditions maliennes pourraient tomber. Le jour s’est levé sur eux grâce à toi.

I ni ce, i ni baara (Merci pour ce travail).

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